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lundi 29 mars 2010

Le fabuleux destin de Timothé Bozon (2)


Samedi 29 mars, les supporters d’Ice de Kootenay ressortiront forcément vainqueur de leur patinoire. L’un de leurs joueurs, Timothé Bozon, a gagné son combat contre une méningite de type neisseria. Un combat long de quatre semaines. Le 29 mars, Timothé Bozon viendra supporter son équipe avant la rencontre, lors d’une cérémonie qui lui sera dédiée. L’image dont on rêvait arrivera. « La famille a indiqué à la WHL (Ligue junior de l’Ouest) que l’état de Tim est critique » écrivait la Ligue junior début mars dans un communiqué. A 19 ans, l’ascension de Timothé Bozon a malheureusement été stoppée par une méningite. Eloigné de la glace, l’espoir du Canadien de Montréal était hospitalisé à Saskatoon depuis le 1er mars, où sa famille en provenance de Suisse s’inquiétait. Là où il a malheureusement fêté son vingtième anniversaire. Du côté de la glace, le fils du premier français à avoir rejoint la NHL a réalisé un parcours sans faute. Avec cet accident, lui et sa famille ont craint que leur rêve se transforme en cauchemar. Mais le rêve peut continuer. 

Dix-sept ans, et à deux pas du Centre Bell

C’est en 2012 que Timothé Bozon est repêché en 64ème position par le club le plus titré de NHL : les Canadiens de Montréal. L’histoire commence bien pour le jeune franco-américain. 2012, c’est l’année où le rêve devient réalité pour Timothé Bozon. Tim a alors seulement dix-sept ans. Confiant, il tente d’épater la galerie lors du « match des grands espoirs de NHL », le Top Prospect Game. Au concours d’habileté, il emmène le palet jusqu’au but sur sa crosse pointée vers le toit de la patinoire. A se demander si le jeune équilibriste est autant attiré par le cirque que par la glace.

2012, c’est l’année où le Québec rattrape Timothé Bozon. Plus jeune, il avait participé au tournoi international pee-wee de Québec. Lors de ses étés, il s’était rendu aux écoles de hockey de la Belle-Province. Avant que le destin ne l’oblige à revenir sur ses pas, le « fils de » s’était dit fan des Blues de Saint-Louis. Le club de papa. La terre natale. Mais plus au nord, les Canadiens ont voulu récupérer la pépite.

Tim sur les traces de Philippe

Si l’on souhaite la résumer, on peut dire que l’histoire de Timothé Bozon, c’est celle d’un héritier au talent prometteur et vite reconnu. Les Canadiens ne s’y trompent pas, eux qui en mai 2013 lui font signer un contrat de trois ans. Quand on voit le gamin avec le maillot rouge et blanc sur le dos, le hockey français pense à son père, Philippe, passé des Brûleurs de Loups de Grenoble et de Chamonix aux Blues de Saint-Louis en 1992, soit deux ans avant la naissance de Tim. Le premier à avoir traversé l’atlantique pour la NHL. Le précurseur, bien avant un autre ancien pensionnaire des Brûleurs de Loups : Cristobal Huet, qui avait rejoint les Kings de Los Angeles en 2001. Le gardien français s’était ensuite illustré dans les cages des Canadiens. Né dans le Missouri, là où son père jouait, Tim hérite d’une histoire, d’un talent, d’une réputation. Mais ce sont ses exploits qui vont lui permettre d’écrire sa propre histoire, de faire parler de lui pour ce qu’il est, et non ce qu’il reflète. Désormais, quand on regarde Timothé Bozon, on ne pense plus au paternel.

Avant de rejoindre la Ligue de hockey de l’Ouest, le petit Bozon patine sur le vieux continent. En Suisse, plus précisément. La Suisse, Tim la connait bien, lui qui dès 2007 patine pour le Genève-Servette, le dernier club de son père. Puis pour les Kloten Flyers en 2009, et le HC Lugano, avant-dernier club de son père, en 2010. En quatre ans, Tim fait le tour des patinoires helvétiques. Le franco-américain a même été  appelé chez les moins de 14 ans suisses.

Des Blazers aux Championnats du monde U18

En 2011, il retrouve les Amériques avec les Blazers de Kamloops, en Colombie-Britannique (Canada). Pour la deuxième année consécutive, il participe aux championnats du monde des moins de 18 ans. Chez les bleus, cette fois. Ainsi lorsque Tim traverse l’Atlantique, c’est pour rejoindre les équipes de jeunes de l’équipe de France. Quatrième en 2010, les bleuets terminent troisième en 2011 du groupe B de division 1. Le natif de Saint-Louis participe largement à la performance. Il inscrit trois buts et réalise trois assistances en cinq matchs de compétition. Tim-Bozon-va-mieux_article_hover_preview N’ayant jamais joué dans l’hexagone, Tim veut montrer son talent. Philippe Bozon, qui a porté le maillot tricolore, regarde avec attention. Le père, mais aussi le grand-père sont fiers : Timothé Bozon n’est que le troisième du nom à rejoindre les bleus ! Alain Bozon, ancien joueur de Chamonix, Gap et Megève a aussi patiné pour l’équipe de France.

 « Tim rêve de hockey jour et nuit »

Très vite, ses statistiques attirent l’attention des meilleures franchises: en 71 matchs joués avec les Blazers, Tim récolte 71 points dont 36 buts. Le trio Bozon-Colin Smith-J. C. Lipon ne passe pas inaperçu. Le responsable du recrutement des Canadiens, Trevor Timmins, est bouche bée à la vue du jeu du garçon. Incroyable d’obtenir ces chiffres après seulement deux ans en Amérique du Nord, explique-t-il. Alors Timmins succombe. « Tim rêve de hockey jour et nuit, alors il n’y a pas de meilleure place pour lui » déclare son père.

Une fois drafté par la franchise québécoise,  Tim participe aux camps d’entrainement des Canadiens, mais continue d’évoluer avec les Blazers. Cette saison, il a marqué 33 buts en 63 matches avec sa nouvelle équipe, L’Ice de Kootenay, une franchise de la Ligue de hockey de l’Ouest. Puis est arrivé cet incident qui est venu stopper tant d’efforts. Qui a tant inquiété des deux côtés de l’Atlantique. Les médecins ont signalé que Tim pourra retrouver son niveau, mais que son retour sur la glace est une question de mois. On peut désormais espérer sereinement que le rétablissement de Timothé Bozon se passe bien. Qu’il continue son combat, et qu’il retrouve ce sport qui lui et son père aiment tant. Que le destin de Timothé Bozon soit encore fabuleux. Longtemps.

Par Guillaume Rantet